|
|
 |
|
|
|
Publié le 29 / 11 / 2009
|
|
 |
|
 |
 |
 |
 |
|
2009 Semaine 47 : Le Naufrage du Hilda |
|
Pris dans une tempête de neige, le Hilda se brise contre les rochers à son arrivée à Saint-Malo. Des 133 passagers à bord seuls 6 en réchapperont ! |
Voici la "une" du Petit Journal illustré du 3 Décembre 1905
Naufrage du streamer "HILDA" devant Saint-Malo : Le sauvetage des survivants.
[ Ci-dessous nous reproduisons l'article. ]
Depuis la perte du steamer marseillais Liban, nos régions maritimes n'avaient pas eu à déplorer pareille catastrophe.
Cette fois, le deuil atteint une partie de la Bretagne, cette contrée si accueillante et si pittoresque qu'on a appelée « la Côte d'Émeraude».
Dans une tempête de neige, en pleine nuit, un navire s'est englouti à quelques encâblures du port de Saint-Malo, à 150 mètres d'un phare.
Comment se produisit l'épouvantable accident ?... Le capitaine avait-il vu les feux du phare du Jardin qui éclairent l'entrée de la rade de Saint-Malo ? Il fit siffler sa sirène et lança des fusées de détresse... En vain. Tout à coup, un craquement terrible se fit entendre. Le navire venait de porter sur une roche. L'eau envahit la coque et la machine fit explosion. Sur le pont régnait une stupeur tragique. Et l'on vit alors ces matelots et les passagers bretons du bateau - de braves marchands d'oignons de Roscoff qui revenaient d'Angleterre au pays - on vit ces hommes, sans souci du péril qu'ils couraient eux-mêmes, tenter le sauvetage des femmes et les enfants.
Mais tout fut inutile. Le bateau se brisa en deux tronçons ; les vagues balayèrent les malheureux qui s'étaient rassemblés sur le pont ; la dunette s'effondra, entraînant le capitaine avec elle ; le grand mât, sur lequel cinquante naufragés s'étaient réfugiés, chancela et s'abattit dans la mer. Seul, le mât de misaine résista aux efforts de la tempête. Douze hommes s'y étaient accrochés. Six lâchèrent au cours des douze heures d'angoisse qui s'écoulèrent entre le moment où se produisit la catastrophe et celui où le sauvetage fut opéré.
Quand, le lendemain, à dix heures du matin, le canot du vapeur Ada put enfin approcher de l'épave, ces hommes étaient à demi morts de fatigue et de froid.
Ce n'est pas seulement sur la côte bretonne, c'est par toute la France que les tragiques détails de cette catastrophe ont suscité une émotion profonde faite de pitié douloureuse et de respect pour ces victimes que tant de courage et d'héroïsme n'ont pu préserver.

A droite, une belle "une" de la presse parisienne grand format en couleur contre, à gauche une petite carte postale avec une photo de 9cm sur 14 en noir et blanc, le combat est inégal et la presse l'emporte, pensez-vous ?!
Pas du tout, en y regardant d'un peu plus près, c'est tout le contraire...
Démonstration :
Le Petit Parisien date du dimanche 3 décembre soit plus de 15 jours après le naufrage, l'image en couleur est percutante certes, mais n'est qu'une gravure effectuée à partir des témoignages des survivants
Avec une inspiration évidente trouvée chez Théodore Géricault et son célèbre radeau de la Méduse (ci-contre à gauche) en moins dénudé et moins esthétique, mais nous sommes en Bretagne et... à la mi-novembre !
Quant à la carte postale, si vous vous approchez un peu du coin supérieur gauche... Vous voyez, le timbre ?
Regardez bien le cachet de la Poste, il y a la date, n'est-ce pas ?
Quelle est cette date ?
Hé oui, c'est bien cela le 25 novembre 1905 !
Soit 5 jours après le naufrage !
Lorsqu'on sait que la photo n'a probablement été prise que le lendemain du naufrage, que les appareils n'étaient pas très performants et que la plaque de verre a du être acheminée à Paris ou pire à Nancy où se trouvaient alors les deux centres de production des cartes postales (imprimeries phototypiques)
Les cartes postales imprimées, il a fallu les renvoyer en Bretagne, faire imprimer la légende chez un imprimeur typographe local, puis les diffuser dans les points de vente de Saint-Malo, quelqu'un a acheté cette carte, l'a écrite, déposé dans une boîte à lettres, un facteur l'a rapporté à la Poste, le cachet a été apposé sur le timbre...
Le tout en moins de 5 jours !! Étonnant non ?
On comprend ainsi mieux le rôle de média que jouait à l'époque la carte postale. Grâce à elle, l'information circulait vite, en tous cas plus vite qu'avec la presse qui n'était pas encore illustrée de photographies.
La presse l'avoue elle-même "Ce n'est pas seulement sur la côte bretonne, c'est par toute la France que les tragiques détails de cette catastrophe ont suscité une émotion profonde " Comment "toute la France" a pu être au courant de cette catastrophe alors que ni la radio, ni le cinéma et encore moins la télévision existaient !! ... La carte postale, bien sûr ! Compte tenu du grand nombre de cartes postales qui subsiste encore présentant cette catastrophe, il est raisonnable de penser que les retirages de cette carte ont été nombreux et que des dizaines de milliers d'exemplaires ont été édités.
En effet, il existe bien une douzaine de cartes postales présentant le bateau sous plusieurs angles et à plusieurs jours d'intervalle.
ici ou là
Il existe 2 cartes postales présentant les survivants :
5 sur une première carte et 6 sur une seconde carte
Il existe aussi une carte qui présente les débris du Hilda rejetés sur le rivage et stockés près d'une maison
|
|
|